mercredi 23 janvier 2008

"Queer Copi ou Copi queer"



Par Antony Hickling

COPI

Le mot « Queer » provient du langage de la rue et qualifie de manière désobligeante, insultante et dégradante l’homosexuel.

Cependant, comme l’indique Marie-Hélène Bourcier[1], « donner une définition du terme « Queer » est difficile. Le réflexe a récemment été pris de consulter le dictionnaire français, anglais pour y constater que « Queer » a pu vouloir dire quelque chose comme « sale pédé » et par extension « bizarre, étrange ». Mais que l’incroyable violence du propos est difficilement restituable en français. »


En 2004, j’ai mis en scène une pièce de Copi, « L’homosexuel, ou la difficulté de s’exprimer ». C’est cette dernière qui m’a poussé à entrer dans sa vie. J’ai été appréhendé par son mécontentement, ainsi que découvert son obscurité, son angoisse et son penchant sadomasochiste.

Ses écrits, aux sujets condamnables pour une société bien pensante, prennent inévitablement leur essence dans son mal-être, ses peurs, dans les oppressions subies et dans son espoir de justice et d’égalité. Son œuvre s’inspire de sa sexualité, et sa sexualité s’exprime par son œuvre. Mais alors Copi doit-il être considéré comme un auteur « Queer » ?


La performance « Queer Copi ou Copi Queer ?»

Une danseuse égyptienne qui danse tandis qu’un homme habillé en costard fait la cuisine. L’odeur de l’œuf et du saucisson accompagne la musique orientale et l’image de la femme sensuelle que danse pour le public. A la fin, le repas est offert pour un spectateur.
Une cassette enregistrée qui offre des confessions intimes devenues publiques lorsque quelqu’un s’habille en femme.
La scène est confondue avec l’audience, le quotidien et l’illusion du théâtre ne font qu’un seul corps. Le privé devient public et la performance n’est plus protégée par la convention du théâtre.
Je meurs. À cet instant, un danseur travesti en femme, arrivant du fond de la salle, permet de surprendre le spectateur, tout en le confrontant à sa propre sexualité et son propre questionnement. Suis-je vraiment mort ? Est-on dans un rêve ?
Le danseur est peut-être aussi le symbole d’un ange salvateur. Mais dès que je me réveille ou que je ressuscite, il disparaît.
Entre réalité et imaginaire, peut-être que je me plonge dans un profond sommeil.
À la fin de cette danse érotique décalée, il m’embrasse sur le front. Avant même que j’aie le temps de me réveiller, il est, encore une fois, disparu.
Mais on ne sait toujours pas qui il est. Un ange ? La deuxième chance que peut m’offrir la vie ? Comme dans l’univers de Copi, tout est fait pour que l’on puisse jongler avec le réel et l’imaginaire.
La performance s’arrête brutalement. Elle finit là où elle a commencé, à la même place. Il n’y a donc peut-être ni début ni fin. Avons-nous rêvé ? Mais alors qu’est-ce que c’étaient ces confessions ? Qui était ce personnage ? Leur imaginaire ? Leur inconscient ?


Pourquoi ?

Les motivations qui m’ont poussé à choisir le format contemporain de « la performance » se retrouvent dans son caractère expérimental, inachevé, toujours en évolution en fonction des connaissances et de la maturité. « La performance » est sans règle, sans frontière. Elle répond aux exigences de créativité, loin des obligations et des règles du théâtre classique et traditionnel.

À ce stade, la forme étant définitivement admise, j’ai dû choisir précisément certains thèmes « Queer » abordés dans l’œuvre de Copi. J’ai trouvé que les thématiques de la mort, du SIDA, de la sexualité, de l’absurde, de l’aveu et de la honte étaient les plus représentatifs. À ces thèmes, j’ai voulu associer les expériences personnelles. Cet aspect personnel et autobiographique m’ouvrait la porte d’une interactivité avec les spectateurs, mais aussi celle du jeu entre l’imaginaire et le réel, cette dualité se retrouvant souvent chez les artistes « Queer » Genet, Cocteau, Derek Jarman….

Cette astuce me permet de souligner la complexité de toute sexualité.
Pendant la première partie, personne ne peut se douter qu’en dessous de mes habits se trouve un autre costume, une autre personnalité avec ses contradictions et ses sexualités.
Face au personnage, l’audience se crée ses premiers jugements. Mais avec le changement et la féminité dévoilée, les spectateurs sont amenés vers d’autres conclusions. Ils découvrent un nouvel aspect, et peut-être pas le seul, de la sexualité du personnage.

On est conduit sur les chemins de la superposition, de la confusion des vies. On ne découvre pas immédiatement les sexualités enfouies et cachées. Elles apparaissent en provoquant un effet de trouble et de surprise.
Cette mise en scène est aussi là pour déstabiliser les spectateurs, mais surtout pour aller au-delà des conventions du théâtre.
Ces éléments de rupture des règles et de déstabilisation sont tout à fait des paramètres d’une créativité « Queer ».
Mon art n’est ni complet ni fini. Il s’agit d’un travail en évolution, cru et en pleine recherche.

Mise en scène, création et performance :
Antony Hickling
Participation sur scène :
Biño Sauitzvy, Magali Gaudou et Nadège Dorion






[1] Bourcier Marie-Hélène « Queer Zones : politiques des identités sexuelles, des représentation et des savoirs», édition Ballard, 2001, page 177

6 commentaires:

Manoela Sawitzki a dit…

ok, vc planejou isso! estou voltando a estudar francês só pra poder acompanhar este blog... espero que esteja satisfeito...

Alice (através do espelho), tá bonito teu espaço... nos veremos por aqui mais vezes...
tenho saudades, sempre...
sempre...

Manoela Sawitzki a dit…

Lembro da Divina saindo da caixa, o vestido de festa, os peitos descobertos, as surras, as quedas. Suspiro. “E se retocasse o batom? E se tudo for apenas conseqüência de uma maquilagem mal feita?”. “E se me puser bonita? Se me levantar agora, mudar esses trajes, e andar resoluta sobre este salto agulha em direção ao meu objetivo, eles, ainda assim, me barrarão?!”.

Lembro do sangue escorrendo sobre a blusa branca. E o sangue descendo entre pernas masculinas. Choro. “Ênio, açúcar, por favor!”. “Kiss me”. “Ênio, tomates, por favor”.
Mas por que diabos açucaramos os lábios e suplicamos pelo beijo que deveria vir espontâneo? Por que raios pedimos tomates e nos dirigimos ao centro da arena pro linchamento?! E chafurdamos na terra, e emporcalhamos nosso mundo, se a faxina, fatalmente, ficará ao nosso cargo?!

Por que somos nós e não outros? E morremos mais do que matamos? E qual é mesmo o tal curso normal da vida?!!!

Meu irmão querido, me fundo a você em herança: imagens, sentidos, sensações, perguntas... E tá combinado que quem descobrir primeiro a resposta, qualquer uma, corre e conta pro outro!

Nossa procura... nossas pulsações simultâneas... e ter esse mundo entre a gente quase não faz diferença, não acha?!
Ter um “nós” dá tanto sentido a essa falta de...

Amor meu, prometo que logo dou notícias desse meu novo percurso...
“Cu”ide-se você também...
"Cu"idemo-nos...

Manoela Sawitzki a dit…

dê uma olhada nisso...
http://br.youtube.com/watch?v=PAAtPcWYUG8

collectif des yeux a dit…

well, estava escutando chet baker até entao, depois me paraceu inadequado, sim, fui correndo (menos de um passo) até a estante e peguei satie... é, nao estamos sohs... somos muitos desde muito tempo... nao em quantidade, mas em qualidade, em categoria se me faço entender... em intensidade. é claro que isso encomoda um elefante que encomoda muita gente que encomoda dois elefantes que encomoda muito mais. Bom, estava aguardando, mas te peço permissao para utilisar um texto teu no meu novo solo que estréia em junho... nao voltarei a falar, mas tenho sempre um gravador que fala por mim... uma voz registrada, de uma mulher, de um homem, de um androgino, de um inseto, de uma planta, de uma pedra, enfim, uma voz que fala por todos nos... vou te mandar um textito do deleuze traduzido pra vc ler, meu amigo do peito, depois de beckett... beijocas cariño
alias, se puderes déjà ler os textos sobre a realidade virtual e a atualisaçao da mesma e o passado que independe do presente chez deleuze e bergson... ahhhh, como eles nos dizem coisas... como é bom e reconfortante de poder estar com eles alguns instantes... eles viveram tanto e podem nos dizer muito... e muito beckett tbém, sempre!

Manoela Sawitzki a dit…

querido, mas É CLARO QUE VC PODE USAR UM, DOIS, TODOS OS MEUS TEXTOS!!!
aliás, se vc me der o mote, ou os motes, ou imagens, ou uma palavra, eu posso produzir coisas pra vc sempre.
SEMPRE, entendeu?!

cheguei em casa e me diverti com teus emails me "inticando". Pena que não tava aqui na hora!
vc precisa instalar o msn aí, pq a gente pode falar pelo microfone, babe!

vc foi muito importante nesse dia, com tuas cebolas e tuas ordens...serei obediente, prometo!
te amo, bonito...

danissanti a dit…

Oi Biño,

Nao querendo me meter já me metendo nesta conversa de irmãos...

Manoela, essa adorável pessoa aí de cima, minha grande amiga, fala e sempre falou muitíssimo de você, então resolvi vir aqui te dar um oi.

Estive em Paris ano passado, queria ter ido aí bater na sua porta, mas não deu. Quem sabe na próxima não tomamos um café? Moro pertinho, em Barcelona.

Beijo pra você!

Em tempo: anos atrás assisti teu "All that fall", e foi das coisas mais belas que já vi no teatro...